MELTING POT DE MORCEAU CHOISIT DU MONDE DIPLO CHARLIE ET LE CANARD EN VERSION HP AIR PODS ECOUTEURS FILS HANDI BLIND ACCESS…​

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L MoNDE diplomatique 021
WANDA, LUMIÈRES SUR UN GÉNOCIDE
COup sur coup, aux mois de mars et avril derniers, deuk epports-celui dirigé par P’historien Vincent Duclert a la demande de l’Elysée et celui d’un cabinet d’avocats amort cain commandé par Kigali -ont établ la responsabilite écra sante de la France et de François Mitterrand dans le geno Cide des Tutsis du Rwanda en 1994, tout en écartant les accusations de complicité. Cette convergence inédit
reflète-t-elle la vérité historique ou un simple arrangement politique entre les deux pays? En France, le contrôle de l’accès aux archives entrave le travail des chercheurs (ire cl-dessous). La Belgique, ancienne puissance coloniale qui a attisé les haines (lire pages 14 et 15), se montre plus libe- rale. Mais le génocide de 1994 hante également les consciences africaines (lire page 16).
En France, des archives bien gardées
R
PAR FRANÇOIs GRANER
U LS cahlates : le 2o maS 2UC1, apees deux ans de tava, la comsioe de recherche sur les achives
ases relatives au Rwanda ct au génocke des Tusas (9% 9kdingie par l’histonicn Vincent Dackrt bse uin abou sur T’action de la France dans ce petit pays de lAmque dkes Cirands Lacs. Nlas des aones d’ombre subsistenlt en raison d secret cnloure la politiquc athcaine de Paris et de la dhitliculhè d’acoès aux dacuments officicls de l’epoque
qui atteste l’existence des deux boltes noires du Falcon 50 prési- dentiel abatu le 6 avril 1994 ot en liste les caracteristiqaes La MiP fournit toutefois quelques informations utiles, comme les alertes ehvoyees par le général Varret dès 1990:ells sont très peu nombreu, nous allons les liquider », lui avait déclaré le chef de la gendarmeie nwandaise & propos des Tutsis. Ele dévoile en partie le contröle exercé par le colone! trançais Didier Tauzin sur l’armée wandaise en février-mars 1993. Malbeureusement, son rapport tinal se limite à une synthese partielle de ses travaux
NAUY
S les mbitaires coocemés soot désoemas releves du devoir
Se reserve, lacces aux anchives demeure en eftet sourmis à des
saten o dimo e
autorisabons exceptoaneliles. Le code daPtnmone arbcle L. 213-4) enmpéche l’ouverture de celles de T exécutif peesidence et gouy
ONva
lant au moins vingt-cin a
A
rourtant selon lejiuniste Bertrand Wanusiel, la plapart des secrets ur nportance au bout de dix ou
em
PARTIR de 2005, les plaintes de rescapés tutsis amènent
Ls chercheurs Peu
ertes demander des ies selon le bon
la justice a demander la declassitication d’archives militaires Mais, la encore, l’ouverture reste partielle, comme l’atteste le Journal otficiel, où sont consignés les refus essuyés par les magis trats (7). En 2015, la promesse de M. Hollande d’ouvrir les archives de l’Elysée à tous les chercheurs se heurte à la man de Mittemand, M Dominique Bertinotti, qui n’accorde les auto isationss de consultation qu au compte-gouttes, sans droit de photographie. Saisi par des chercheurs et des associations de victimes, le Conseil d Eat, reuni en formation solennelle, tranche le 12 juin 2020 en taveur de I« nteret d informer le public sur ces evenements istoriqlues cOntre 9 la protection des secrets de
elles-ci leur sont
accordec
voul
r de texocunt la-ameme. Un méme télégramme diplo- maquc de I993 a ainsi pu êre consultable à un moment donné par koas s chercheurs à La Courneuve (archives du ministère Os ataans angeres, mas seulement sur demande par d’autres a Perefime (Elysée)k une mème tiche de la direction générale de la sécunitè exténicure (DGSE) est accessible à Phemefitte,
mas pas a Vincennes (ministère des amées).
Ua aure verrou préserve les autorités de la curiosité des citoyens et des chercheurs: le secret-defense. Malgré son nom Lpeul peoteger des archives sans lien avec la dčfense. Selon
(S).Cette formule generale. prononcee dans une atfaire
particuliCre. sonne commme un avertissement. Dans d’autres démo-
Roxaumc-Uni, RS demande.darchive compa- peut cfre utistaite en six seniaines et le document mis en
apport oticicl de 2018, cinq millions de documents s classifiés, dont moins de la moitieé par le ministère des amě
c apres in huuveau delat de mméme longueur
es provaennent du ministère de l’intérieur ou concerment le maciéaire civil ou même…F’agriculture (2). Les documents
En avril 2019, M. Macron, soucicux de redorer ‘image de la France au Rwanda et en Afi esitaires présidée par Ducler commission d’unm d archives tant civiles que militaie Lacs africains n’v fioune un specialiste des Grands
que le ministère des armées déclassifie sont souv ntérèt, incomplets om Ca
ent sans Les pleces deciasSJiees, est laBihbothèque rose »a. liche ainsi M. Marc Irevidac.
. lut ouvre I acces a un ensemble 1 gt avant tout d’analyser hotamment de I’Elysée, de CIde des 1lutsis, d’imputer au FPR un
ancien juge antiterroriste s interroge sur la conformite a la Lonstihuton d un prncipe qui permet au pouvoir exécutif de
le fonctionnement de l’Etat. Le volumineux rapport qui c
Cite huit mille docum Matignon, de la DGSE et du SHD. Il remet enfin à leur place ceux
are entrave a la justice sur des sujets «sensibies» (3).
le g
qui te
tent
de nic
Lapolitique française au Rwanda entre 1990 et 1994 appar- bent à cete catégorie. Comme tous les présidents de la Répu- blaque, François Mitterand a, au nom de la stabilitė du cont- ncnt, soutenu des régimes autoritaires jugės tavorabies a la France. En 1990, ce fut le cas de celui du président Juvenal Habyarimana, menacé par la rébellion du Front patriothque andais (FPR), aujourd hui au pouvoir. L’Elysée décide alors
crime similaire (la thėse fallacieuse du «double genocide »), ou de
dédouaner la France de toute responsabilitė.
Necessaire, ce rapport demeure cependant insuffisant, en retrait par rapport aux publications existantes de chercheurs, de jour- nalistes et d assocıations. Ses limites sont de plusieurs ordres Les auteurs reconnaissent eux-mémes que des archives manquent Ou ont pu etre detruites. Le bureau de l’Assemblée nationale a ainsi refuse de communiquer la totalite de celles de la MiP -pas seulement
COLLIN SEKAJUGO-Clouds and the Sun- (Nuages et soieil), 2019
l s’agit principalement d’une dizaine de milliers de documents de T’Elysée, déposés aux Archives nationales à Pierrefitte, et d’environ autant du ministère des atflaires étrangères. parmi lesquels beauo de
eul
tenant à l’écart le Parlement et l’essentiel du gouvernement,
en comme le confirme le rapport Duciert. Les informations sur les prepa- atif
Echocide des Iutsis sont systématiquement ecartees: les alerte, comme le colonel René Galinié, attaché de défense le genèral Jean Varet, chef de la cooperation militaire, ou
aux
les auditions à huis los.
telégrammes diplomatiques, et d’un demi-millier de fiches DGSE, souvent dupliquées dans plusieurs fonds. If faut y ajouter quelque 200 000 documents d’intérêt très variable dispersés au sein du service historique de la défense (SHD)à Vincennes. On estime le total à une VIngtaine de métres linéaires.
En outre, la commission Duclert, mandatèe pour étudier la période 1990-1994, a exclu des documents postèrieurs, mais pertinents. «La pretendue implication de militaires ou de soldats français dans l at- tentat du 6 avril 1994). attirme-t-elle page 334, n est evoquee qu a Occasion d un article de la journaliste Colette Braeckman paru le
ga Caude Silberzahn, qui dirige a DGSE, sont écartes et remplaces.
En 1993, les accusations devenant publiques (4). I’Elysée et l ‘état- major allument des contre-feux médiatiques: le recit simpllncateu uin regime légitime attaqué par un mouvement arme etranger base En Ouganda et favorable aux intérêts anglo-saxons (ies « K.hmers oirs> du FPR) se répand dans la presse. Ce déni, qul s enractne dans
22 juin dans le quotidien belge Le Soir, qualifië d « atfabul/ation
par l’ambassadeur de France en Belgique. » Pourtant, d’autres sources mentionnent cette hypothèse, notamment la fiche DGSE du 4 novembre 1995 selon laquelle « un mercenaire français, M. Patrick Oluivier serait impliqué dans cette affaire et userait de ses relations auprès des ministėres français de la coopération et des affaires étran-
OUS la pression grandissante de journalistes et d’associations, le Parlement, la justice et les présidents Franço1s Hollande puis Emmanuel Macron ont chacun demande la declassification d’un ou plusieurs milliers de documents. Mais la nmajorite des pieces restent inaccessibles au public, tandis que les conditions de consultation des autres décou- ragent la recherche, notamment en raison deI impossibilité d’effectuer des copies. Il est également interdit de puiblier ces documents en ligne. Les plus ditficiles d’accès sont les archives du ministère des amées,
Secret des delibérations gouvermementales, durera un quan de sieclie.
Apres I’aten
du 6 avrnil 1994, au cours duquel le president Habya-
uana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira trouvent la mort, les décideurs français s’enferrent dans le soutien aux extrémistes utu opposants, prennent le pouvoir et exterminent systematiquement les Tutsis. Entre le 7 avril et le 17juillet 1994, 800 000 hommes, femmes
géres dans le but d’occulter la véritė (9) ».
s que ceux-ci entreprennent d’ assassIner ieurs principaux
(Lire la suite pages 14 et 15)
qui ne fournit méme pas l’inventaire du SHD (6).
ants sont massacrės, selon l’Organisation des Nations
ONU)(5). Comment comprendre l’attitude des autontès françaises? Seul T’accès aux archives permettra de repondre a cette question.
0)David Fontaine, «Archives publiques et bastions imprenablesa, Le Canard enchainé
Les pouvoirs publics réagissent lentement et avec prudence aux inter- pellations des chercheurs et des enquëteurs. C’est ainsi que les révéla- taons du journaliste Patrick de Saint-Exupéry dans Le Figaro (du 12
Pans, 5 mas 2021.
4Rapport sur ie secret de la defense natonale en France. lla, secretaniat général de
a detetse ct de la securile nationale, Pans, janvier 2618.
mettant en cause I attitude de la France d PrOvOquent la création d une simple mission d’in fo
e L Elat
Cherchcur, membre de I’association Survie. Auteu, ace
e rabnice Lhomme
nocide r
Senocide des TutsS u Rwanda. Agone-Survie, Marscille
vameoveiation Survie. demande à r’ÉNsie
parlementaire (MIP), le 3 mai 197, e commission d enquete durait ete plus efficace. «Je sais q ern nombre d archives ont
galement au jouzmal de 20 he
de Rance 2, que la France cesse de soutenir ceus oui
palrent un genocide pendant qu’il est encore tcinps. 6) Lire Frangois- Xavier Verschave, «Connivences frangaises au wanda, et Colete racckman, «Kwanda, retour sur un aveuglenmenl inlermalotall , Le oule dpa g,
n D
étë retrouvées après la fin de a tard le colonel André Ronde. qul uemandes des parlementaires. «Alo gnore (France Culture, 7 avril 2010).
ae», deplorera plus e charge de repondre aux Ce lnlentionnel ou pas?Je
SoMMAIRE DU DOssIER
respectivement mars 1995 et mars 2004.
ge, PAGES 14 ET 15 Des décennies de responsabilité beloe
Philippe Leymarie, « Secret-defense ou l’ Etat de non-dnoits, Defense en ligne,
su8, nutps/blog.mondediplo.net
par Colette Braeckman. En
juit
Sur d’autres points, la MIP s autocee. Elle ne convoque pas, par emple, le capitaine Paul Barmil, ex-ge ne de Elysee devemu merce re, pourtant souvent cité dans ies cquetes sur le Rwanda. Si elle Poccde a de nombreuses auditions, enes se tiennent à huis clos,
France, des archives bien gardées, par François Graner.
Jullet 2009, 30 juiller 2010ccembre 2007
tu 12 juin 2020, assembléc du contentieur, François aussi décision n » 2017-655
écisions n# ana
Graner contre ministere de la euiure Conseil d’État, Paris u 15 septembre 2017, Conseil constitutionnel, Pans
DGSE ou de beaucoup de militaires.
PAGE 16: L’énigmatique silence africain, Suite de J’article
ome celles des directeurs de la
ichen’ l6053/N, « France-Belgique-Rwanda : Au sujet de I assassinal du president
abyanmana , DGSE, Paris, 14 novembre 199
e ne publie pas la lettre du géneral caln Kannou datée du 15 juin 1998
de Boubacar Boris Diop.

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