art news (4) du mois début version hp blind access….

MUSEE DE LHISTOIRE DE LIMMIGRATIOH
CE QUI ZET CE
QUI RESTE
EXPOSITION
JUSQU’AU 29 AOÚT 2021
PALAS De oeg MMIGRATIC
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Edition
parisgalleryweekend.com #8,
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participantes
127 galeries 138 expositions 302 artistes
3.4.5.6 juin 2021 11h-18h
Paris Gallery Weekend est organisé par
.5.
S.6
Parcours et expositions 8 eme édition 100% en accès libre
4.5
COMITE PROFESSIDRNEL DES GALERIES DART

THE ART NEWSPAPER ÉDITION FRANÇAISE
26
Numéro 31,. juin 2021
Grand témoin
VERA MOLNAR «J’ETAIS ATTIREE PAR UNE PEINTURE
FONDEE SUR DES CHOSES
RATIONNELLES»
Al’occasion d’une rétrospective à Mouans-Sartoux, retour sur le parcours audacieux de la peintre abstraite d’origine hongroise qui s’est révélée l’orée à des années 1950. Entretien.
Pour commencer, pouven-vous nous parler de votre enfance en Hongrie? Je suis née en 1924, à Budapest,
Revenons à mon oncle peintre du dimanche: il avait pour sujet de prédilection les sous-bois peuples
de nymphettes dansant. Je trou-
dans une famille très aisée – javais vais cela fantastique, la plus belle une gouvernante française. Alors chose que l’on puisse peindre. Il que javais 10 ou 11 ans, un oncle peignait à l’huile et, un jour, il ma
han
anquier qui etait aussi peintre du dimanche -il s’était fait faire une tunique à la Rembrandt, qu’il enfilait pour peindre – m’a offert une boite en bois pleine de Craies pastel. A cette époque, mes parents avaient une maison de campagne au bord du lac Balaton, et je passais toutes mes vacances a dessiner le paysage au coucher du
autorisée à faire quelques feuilles d’arbre sur une toile. J’étais transie de bonheur. Il ma aussitöt demandé de lui promettre que si je persistais en peinture, jamais je n’irais dans cette direction. A lepoque, je nai pas compris pourquoi, mais je le lui
En 1942, jai passé le concours Vera Molnar, Arrondir les anglea/B, de 1’Académie des beaux-arts de 2021, acrylique sur toile Budapest et l’ai réussi du premier cOup. Je me prenais alors pour la c Leonarda da Vinci» hongroise. A l’époque, la Hongrie baignait en plein réalisme socialiste, glorifiant la patrie, la mère et Il’enfant, etc. J’ai evolué dans cette ambiance pen- dant les deux premières annees, mais jai survécu. Mon professeur de français aux Beaux-Arts était
galerie Oniris, Hennes
promis, à contreceur. Qui sait
et devenir prof de dessin dans une petite ville loin de la capitale, his- toire d’enseigner la beauté de lart aux jeunes prolétaires; soit partir en France pour vivre ma vie â mo..
si c
ne pas le décevoir que je me suis tournée vers
r que je me e
. 1abstraction?
erveilleux,
t une ban
pour l’herbe, puis une bande bleue
Dessiner cst rapidement devenu
pour ‘eau du lac, puis les collines
Vera Molnar, Cancale, juin 2010. D.R.
en face, enfin le ciel avec, en haut à
obsessioT.
Oui. Lorsque la guerre a éclaté,
che, le soleil couchant. Chaque atre craies, jusqu’ au moment ainsi, ces quatre couleurs auraient
Vous naves pas hésité longtemps après votre diplöme, en 1947. Pourquoi avoir quitté la Hongrie et choisi la France ? En réalité, jai déeroché une bourse d’études du gouvernement pour aller à… Rome, ou je me suls..
soir Je me servais des mêmes débr
les L
aJe suis allée sur le pont central de Budapest etjai jetémon tube de peinture noire dans le Danube. Aujourd’hui, C’est sans doute la
erme. Je me suis lée pour trouver des cours
ngois Gachot, qui a aussi été le secrétaire de Jean Cocteau. Au heu de nous faire des cours sur la concordance des temps, il appor- t des livres d’art. Je me souviens
i i
de dessin, le matin, et jai prétexté
suis dit qu’en continuant ne pas vouloir embeter ma mere en trainant à la maison pour qu’elle
vite disparu. J’ai alors imaginé un accepte processns prendre lIu Jpiochais celle placée a e ou à sa gauche, puis celle située à deux cases a a
que de to ces quatre
Je me sen- n personne! Je
tais Rembe dessinais tous
Oujours
dun ouvrage sur Henri Matiss
les jours. Un grand queje préfère!»
ouleur
«emmerdee»-passez-moi lex- pression! Je me disais: «Si je vo1s
Sa droite
bonlheur
Cclatantes, comme on ste socialiste prônait des couleurs
e voila lancée dans ‘immortalite I » pensais-je alors.
nen avait jamais vu, puisque le réa- encore ue
droite o
a8aucDe ,et ainsi da
cases
Madonna con Bambino de Giovanni Bellini, je craque. »
Puis les cours du matin se sont
de Masaccio dans la chapelle
aite, pour menter la gamme de couleurs.
transtormés en cours du soir, Et sou- del Carmine. J’y suis allée bien plus
euses», du genre camaïeu de Jai donc décidé daller au paulazza
Brancacci de l’église Santa Maria
bruns. De cet instant date ma
C’était comme un algorithme denfant En y réfléchissant. i Tends compte que j’ai eu trèr
dain, que vois-je? Un homme nu! Que faire? Je l’ai dessiné de profil,
première-et peut-être seule… –
Farnese, la residencedc
tard, avec celui qui n’était E
«performance»: je suis allée sur
de France, pour det Avec on
mon mari. Malheureusement, à
asard a voulu que ce soit en par- Afection pour le caleul, dès ticipant à ces cours du soir que jai
s encorele pont central de Budapest et j’ai pleine de taches de rousseur et visi- vee, la chapelle était en dans le Danube. Aujourd ‘hui, c’est qu’un visa de dix jours portant la
-la en tait. Cest amusant de rencontré mon futur mari, r le formaliser aujourd’ hui. Molnar.
jeté mon tube de peinture noe
travaux. Face à mon désarroi, un ouvrier italien ma fait grimpet
Un jour, ma mere ma emme à Rome pour visiter la chapelle Vous avexJait une au Sxtine. D nier [de Michel-Ange I, je me suis votre prefesseure
sans doute la couleur que J
an, François
woené
un échafaudage- sans doute aussi
mention soulignee « aucunement un deuxième prolongeable » -je me souviens
e
doute ausst
Our regarder sous ma jupe… Je me
temps aux Beaux-Arts: une période encore du crissement de la plume temps a
Soudain retrouvée devant les de Masaceio comme per- es voit jamais, à un mètre
de liberté, le début de ma vie de peintre.Jabsorbais tout. Tbut et son contraire. En face de lecole, 1ly avait laa petite librairne de lecrivain lmre
saints et les a esement C fesaeure de dl a gauehe du Christ, puis à sa à l’a
cee
sur le papier. Javais de la famille à Paris, qui ma accueillie et aidée à regulariser ma situation. Anecdote amusante: sur un malentendu, un fonctionnaire très gentil a cru que Jetais une artiste « prix de Rome» et ma accordé un visa d’un an
abord bea
me m’a en e
droite, brel, a aborder la fresque de
I’ac préparait
choses. Elle ps est tris Superbe. Cette
peigna
istoire
le et, entre deux cours,
portante, car elle montre le conseil d’un professeur peut
Pan. Jy ai découvert, dans les livres,
matique. Ma mere, furieuse, ma crie: aMais tu ne
u ‘un cOnduire a un chOc énorme. Comment aves Peen pas dans le monde de l’art P
enement aussi infime que Kandinsky, Paul Klee, Pablo Picasso,
le travail d’artistes comme Vassily Kasimir Malevitch, Piet M
Jes aisant tremper – cela u nt Setant aperçue de mon intérêt
sapprocher cette peinture
er en
par le caleul, c’eat un sacrilegeI
lors d’une discussion, elle m’a incité a aler a Plorence voir les fresques
et meme Jean Helion- un Vrai choe, Hélion.
J’avais alors en tête deux projets: en 1947, à l’âge de 23 ans soit massumer en tant que jeune Comment cela se passe-t-il communiste, travailler pour l’avenir au début ?
Vous débarquex done à Paris

numéro 31
THE ART NEWSPAPER ÉDITION FRANÇAISE
Grand témoin
Je me souviens d’une grande effer-
vescence artistique. I1y avait, par sest agenouille pour implorer la exemple, place Saint-Michel, un nature de le pardonner de l’avoir café extraordinaire dont j’ai oublié trahie. Cela montre bien la difficulté le nom, où j’ai rencontré plein de de la liberté totale, le trouble dans monde, comme le poëte Isidore Isou lequel on se trouve quand on décide de tourner le dos à la figuration. A chacun d’inventer ses propres limites. La première idée était de sorienter vers le mysticisme, très en vogue en Europe centrale, notam- ment à Vienne, avec la théosophie de Rudolf Steiner, mais je n’ai jamais Herbin et l’artiste anglais Anthony été mystique. Une autre direc- tion possible était le «mysticisme politique». Mais travailler pour le bonheur du peuple, on sait où cela a conduit…. Pour ma part, j’étais attirée par la pensée scientifique, autrement dit par une peinture qui se fonde sur des choses rationnelles
ou le chorégraphe Maurice Béjart. Au café Le Select, à Montparnasse, se retrouvait chaque samedi la diaspora hongroise. J’y eroisais Yona Friedman, Simon Hantai ou Etienne Hajdu – qui ma présenté Constantin Brancusi -, Auguste
Eh bien, il est allé dans une forêt et
dans l’obédience constructiviste.
François Morellet et sa femme, qui sont devenus des amis trës proches. Gråce à eux, j’ai fait plus tard la connaissance du Suisse Max Bill, ancien élève du Bauhaus qui avait créé à Ulm, en Allemagne, une école de design [la Hochschule für Gestaltung), à qui ils souhaitaient acheter des « multiples ». Je me suis liée d’amitié avec Max Bill, c’est lui qui ma confortée dans la direction de l’abstraction. Il m’a même invitée a participer à l’exposition«Konkrete Kunst» qu’il a organisée en 1960 à ZAunch, pour célébrer les 50 ans de Tart abstrait.
«Je ne crois pas qu’un carré dessiné par une femme soit fondamentalement différent d’un carré
dessiné par un homme. » Vous avex intitulé une recherche
Quel a été votre cheminement jusqua l’abatraction ? Le eubisme a eu une grande impor- tance pour moi, il m’a aidée à fairela transition entre la peinture figura- tive et la peinture non figurative. Le cubisme est une peinture figurative : des formes géométriques simples qui représentent la nature ou un individu. Aux Beaux-Arts, jai long- temps fait de la peinture cubiste. Puis, peu à peu, je suis arrivée à T’abstraction. Ce n’est pas si simple : on ne peut pas être peintre figuratit le dimanche et peintre abstrait le Tundi. Tout le monde recherche le
geste «fou-. Savez-vous ce qu’a fait Prantišek Kupka après avoir réalisé sapremière peinture non figurative?
Vera Molnar, 30 lignes briaées, 2020, laine tinnée, Bernard Chanvean/Galerie BA, Paris, et Vera Molnar, Nocturne, 2020, acier, collection particulière
Courbe Sainte-Victoire. Est-ce l’une de vos dernières tracesfiguratives? L’histoire est très simple. Mon mari travaillait au MIT DMassachusetts Institute of Technology], à Cambridge, aux Etats-Unis?. C’était une période ou jeprouvais une certaine lassitude des carrés et des rectangles. Comme javais du temps, j’écumais les bibliothèques du campus. Un jour, je suis tombée
raide amoureuse de la «courbe de Gauss», que l’on utilise pour faire des statistiques. Une superbe courbe mathématique en forme de cloche, avec un soupçon de désordre, qui ma inspiré une série de dessins. Malheureusement, un soir, dans un motel, quelqu’un a volé la mal- lette de mon mari qui contenait ces dessins. Beaucoup plus tard, à l’occasion d’une exposition à Aix-en-
Provence, jai découvert le profil de
la montagne Sainte-Victoire et y ai trouvé quelques ressemblances avec
la machine imaginaire»,
Comment faisiex-vous? C’est très simple: sur une feuille,
je dessine, par exemple, vingt-cinq
carrés, cinq dans la hauteur, cinq dans la largeur. Puis j’invente un programme: le premier carTé en haut à gauche, je le déplace de plus ou moins 1 mm sur l’axe x, idem sur l’axe y. Ensuite, je fais de même avec le deuxième carré en modulant plus ou moins l’abscisse et l’ordonnée. Et ainsi de suite pour chaque carré. Je perturbe donc un système à l’origine parfaitement ordonné pour en révé- ler autre chose, ce quejai appelé par bord du lac Balaton. Mes parents la suite «le 1% de désordre». Bref, lavaient baptisee de mon prénom, cétait un programme informatique sans ordinateur.
Apartir de 1969, vous ave
eu accès à un ordinateur.
oncrètement, qu’est-ce que cela changé? a
Hill qui, plus tard, a écrit le fameux ouvrage DATA. Directions in Art, Theory and Aesthetics [New York Graphic Society, 1969]. Une fabu- leuse introduction dans la vie artis- tique! En octobre 1956 – une date dont je me souviens précisément, car cetait au moment de ľ’insurrec- Cest ainsi que je suis ctombée» ous disposier d’un ordinateur.. tion de Budapest-, j’ai rencontré
la courbe de Gauss. D’où ce titre: Courbe Sainte-Victoire.
Entre 1958 et 1968, vous aoex
epérimentë ce que vous appeliex
27
Vera Molnar, Meules en 3 couleurs, 2013, feutre et gouache sur papier, galerie Oniris, Rennes, et collection particulière. © François Fernandez
Avec l’ordinateur, les possibilités ont d’inspiration en effet. Dans les considérablement augmenté. Cela années 1950 et 1960, j’ai assisté à permettait d’afliner. Les gens disent de nombreux concerts du Domaine que l’ordinateur déshumanise l’art, musical, jy écoutais des composi- cest stupide. Bien au contraire. Au teurs comme Pierre Boulez, Pierre lieu de tracer à la main quelques Barbaud, Michel Philippot, Iannis versions et de s’arrêter par fatigue, Xenakis… Philippot est devenu un on peut, avec l’ordinateur et une table traçante, faire des dizaines de versions d’afilée. L’ordinateur est finalement davantage un ins-
ument à humaniser. Le premier
ordinateur avec lequel j’ai travaillé n’avait pas d’écran. Cétait au centre informatique de l’université Paris- Sorbonne, à Orsay, où mon mari était chercheur. On entrait des données dans la machine et il fal-
lait attendre très longtemps, parfois les jours, pour enfin voirle résultat. àla programmation.
Puis est arrivé un nouvel ordina-
teur, doté d’un écran. Le technicien ma aussitôt dit: «Oh, ce n’est qu’un gadget, cela ne durera pas, » J’ai au contraire tout de suite senti que c’était quelque chose pour m0i.
gages de programmation comme le Fortran et le Basic. Lorsque c’était un peu plus compliqué, un techni- cien nous aidait. Entre 1974 et 1976, nous avons mëme mis au point un programme personnalisé baptisé «Molnart». Mon mari a également Dans les pays anglo-sa.cons conçu le programme me permettant (Etats-Unis, Royaume-Uni), de realiser les Lettres de ma mère, vous êtes vue comme une dans lesquelles je simule l’ècriture pionnière de l’art numérique, de ma mère.
Dautres disciplines artistiques vous ont-elles influencées ? Oui, l’architecture par exemple. Je vous ai déjā parlé de la maison de campagne que nous avions au
Veronika». Sa construction été a toute une histoire. Mon père, qui était entrepreneur, aimait beau- coup l’architecture moderne, en particulier le Bauhaus. Ma mère, elle, préférait le style rococo, avec petites fenêtres, rideaux et volets. Finalement, mon père l’a emporté, et nous avons eu droit à une belle brique toute blanche, un volume simple à toit plat avec juste une 1Attaché culturel à ‘ambassade de bande de couleur bordeaux au ras France en Hongrie entre 1944 et 1949. du sol. Il y avait deux chambres, une 2 Prançois Molnar a cessé son activité pour mes parents et une pour mol. artistique en 1960 pour se consacrer Dans chacune d’elles, les meubles àla recherche. – chaise, lit, commode – étaient 3 Société de concerts fondée à Paris par exactement identiques, à une chose Pierre Boulez en 1954, dissoute en 1973. près: les couleurs étaient inver- sées. Dans ma chambre, le mobi- lier était bordeaux avec la tranche grise, tandis qu’il était gris avec la tranche bordeaux dans celle de mes parents. Cétait très Marcel Breuer au Bauhaus. Cette manière de jouer avec la couleur ma vraiment plu, et l’architecture ma certainement infuencée. D’ailleurs, le Bauhaus a
pour moi une grande importance. J’ai aussi beaucoup regardé le travail de Josef
Albers.
Et la musique? La musique a etë une autre source
ami. Jai aussi fait la connaissance de Barbaud, quelqu’un de très intel- ligent et de très fin. On peut dire qu’il est l’inventeur de la musique algorithmique. En tout cas, lorsque
je l’ai rencontré, il était le premier en France, sinon le seul, à utiliser de manière systématique l’ordina- teur pour la composition musicale. Il avait, l’époque, à accès aux calcu- lateurs de la firme Honeywell Bull. C’est gräce à lui que je me suis mise
O Prmgl Pernde
Vous participe actuellement àlerposition « Elles font l’abstraction» au Centre Pompidou, à Paris (19 mai- 23 aoit 2021), qui regroupe
Javais enfin accès à une image, je une centaine de femmes artistes. pouvais visualiser les données que Vous avex reçu, en 2016, le priæ j’entrais dans la machine, les modi- fier et les voir évoluer sous mes yeux. Ja appris, avec mon mari, des lan-
Artists, Research & Exhibitions). Etes-00Ls fëministe ? Non, je ne suis pas féministe, mais ne le répétez pas! Je ne erois pas qu’un carré dessiné par une femme soit fondamentalement différent d’un carré dessiné par un homme.
alors que le Vieur Continent, lui, vous perçoit davantage comme une peintre abstraite. En connaitries-vous la raison ? Absolument pas. Regardez, un livre d’artiste sur mon travail récemment paru reprend un ensemble de des- sins que j’ai réalisés l’an dernier. I1 sintitule Main/Machine [Bernard Chauveau, 2020]. Eh bien, je suis à la fois main ET machine. Comme on inspire et on expire, je suis les deux, indifféremment. Faire coexis- ter le rationnel et l’irrationnel a été la quëte de toute ma vie, jusqu’à ce matin encore…
PROPOS RECUELLIS PAR CHRISTIAN SIMENC
«Vera Molnar. Pas froid aux yeux , 30 janvier-12 septembre 2021, Espace de l’Art concret, château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux, espacedelartconcret.fr; puis, 9octobre 2021-9 janvier 2022, musée des Beaux-Arts de Rennes, 20, quai Emile-Zola, 35000 Rennes mba.rennes.fr

THE ART NEWSPAPER ÉDITION FRANÇAISE
28
Numéro 31.)
Livres
Edmund de Waal
Lettres à Camondo
LA MEMOIRE SELON EDMUND DE WAAL
Le céramiste et écrivain publie un récit épistolaire pour accompagner son exposition au musée Nissim de Camondo (a l’automne 2021), la première d’un artiste vivant en ce lieu.
Les lettres de Waal font revivre un monde disparu, celui des chasses et des courses hippiques, des yachts, des mariages malheu- reux et des maitresses généreuses, des flamboyants salons artistiques ou littéraires. Une ombre plane néanmoins: la haine antisémite, si présente et qui, quelques décennies plus tard, formera un terreau fertile à la politique de Vichy et à l’exter-
Descendant des Ephrussi, ban- quiers juifs originaires d’Odessa établis à Paris à la fin du xIX » siècle, Edmund de Waal est frappé par la communauté de destin de sa famille et de celle des Camondo, venus de Constantinople. Toutes deux, ins- tallées à quelques encablures du parc Monceau, ont développé un goüt similaire pour les arts et pour le faste, ont fréquenté les mëmes cercles mondains ou amicaux et ont subi la violence de l’antisémitisme avant, pour certains, de trouver la
De cette enquête littéraire, enrichie de certains documents
d’archives qui en truffent les pages, résulte un texte profondément
mélancolique sur
la mémoire et ses traces matérielles.
nation des Juifs de France. De
cette enquête littéraire, enrichie de certains documents darchives qui en truffent les pages, résulte un texte profondément mélancolique sur la mémoire et ses traces matérielles. Si Edmund de Waal aftirme vouloir «éviter lélégie», on se dit que cest
décoratifs, en mémoire de ce der- nier, sa collection dobjets d’art du xVII siècle et son hôtel particulier. Un lieu singulier devenu le musée Nissim de Camondo en 1936: xP’uisque jaime commencer par les fondements, note Waal, nous pour
mort en ortation.
Pour ses Lettres à Camondo, l’au- teur s’est plongé dans les archives de ces familles au destin particu- lier et a rédigé à partir de ce maté- riau documentaire cinquante-huit épitres adressées, par-delà le temps, au financier et esthète Moise de
là toutefois une histoire fort dificile àécrire, quoiqu’un livre puisse aussi constituer l’espace du dépassement de ce que Sigmund Freud nommait «le roman familial». CAMILLE VIÉVILLE
rions commencer par la poussière;je sais que la poussière vous importe
Votre demeure est si propre, si
hérissée de défenses contre la pous- sière. Vous nadmetter pas que le temps change quoi que ce soit, que la lumière fane les tapisseries, que la chaleur attaque les vernis, les lam- bris, les parquets, que la poussière macule vOs collections. »
Camondo (1860-1935). ECHO D’UN MONDE DISPARU disparition de son fils Nissim, tombé
Camondo, inconsolable à la
Edmund de Waal, Lettres à Camondo, Paris, Les Arts décoratifs, 2021,
au champ d’honneur en 1917, avait égué à l’Union centrale des arts
146 pages, 25 euros.
LABEUR ET MODERNITÉ
Dans Le Serviteur inspiré, Emmanuel Pernoud se consacre à
Emmanuel Pernoud LE SERVITEUR INSPIRE
une figure oubliée, celle du graveur de reproduction ou dinterprétation. Une occasion de sinterroger sur la notion d’auteur.
Depuis une vingtaine d’années, Emmanuel Pernoud emprunte une voie peu fréquentée
curieuse au temps où la machine a remplacé sa main, l..J si étrangerà limage moderne effet pour mission de traduire sur la plaque
alors à une forme de déconstruction, non de
l’euvre de ces maitres mais de sienne, la et
dans l’histoire de l’art à la française: une de lartiste ». Ce travailleur de l’ombre a en voie interdisciplinaire, où l’artiste est perçu comme un être social, et son ceuvre comme un de cuivre ou sur la pierre lithographique objet traversé d’une culture visuelle, littéraire, l’euvre d’autrui afin d’en tirer une estampe, scientifique, populaire. Spécialiste des xIx » et commercialisée auprès d’un public élargi. xx* siècles, il s’intéresse particulièrement aux relations entre la peinture et les marges, de l’imagerie érotique à la caricature ou au dessin d’enfant. Ila développé cette approche dans des ouvrages aussi fouillés que stimulants, tels Le Bordel en peinture: lart contre le goiit (Adam Biro, 2001), LEnfant obscur. Peinture, écducation, naturalisme (HazAn, 2007)-peut- etre son plus beau livre – ou, récemment, Chambres closes. Art et claustration à lâge du roman policier (Hazan, 2016).
«se déprend, ëtape d en étape, de sa propre production artistique», lartiste davant-garde, modèle d’émancipation, se muant en ouvrier habile mais laborieux.
Autre cas devenu célèbre, celui de Cécile Reims. Dans les années 1960-1970, elle grave au burin – technique difficile que peu maî- trisent les dessins de Hans Bellmer, dont les épreuves sont vendues comnme étant de la main de celui-ci. Dans quel dessein ? La dif- fusion de l’aeuvre graphique du surréaliste, auparavant confidentielle, mais que la vogue humaines, otfre une rétlexion fructueuse sur érotique qui déferle transforme en manne le mythe du modernisme libéré de toute ser- financière. Pourtant, dans un mëme mouve- ment, remarque lauteur, le burin permet de cAMILLE VIÉVILLE revenir aux sources du dessin de Bellmer:
CO
Emmanuel Pernoud, qui n’hésite pas à convoquer le cinéma ou des champs variés des sciences humaines, offre une réflexion fructueuse sur le mythe du modernisme libéré de toute servitude, et sa réalité.
hpsrd-drs adits
vitude, et sa réalité.
Deux exemples majeurs jalonnent son étude.
Jacques Villon, frère de Marcel Duchamp, a
celles précisément des grands burinistes de la Renaissance.
TRAVAILLEUR DE L’OMBRE Pour son nouvel opus, Le Servileur nspiré,
connu le succès pour ses peintures cubistes
avant de se consacrer à la gravure de tableaux contemporains, ceux d’édouard Manet ou d’fenri Matisse. Villon procède
Emmanuel Pernoud, Le Serviteur inspiré. Portrait de l’artiste en travailleur de l’ombre,
Avec ce livre, Emmanuel Pernoud, qui n’hésite pas, selon sa méthode, à convoquer Dijon, Les presses du réel, 2020, 164 pag
de reproduction ou d’interprétation, «bëte
le cinéma ou des champs variés des sciences
24 euros.

uin 202 Bumée 3
une visibilité bien supérieure.
Lorsque jëtais aux Etats-Unis, au tournant des années 1980-1990, tra- vaillant à ma thèse, les séminaires d’histoire de l’art les plus courus à Yale étaient déjà ceux de Linda Nochlin, de Jonathan Weinberg ou d’Ann Gibson, qui mettaient en valeur des approches fémi-
american») de l’art des xIx et
Nous sommes en juin 2021. Un événement inexplicable vient de bouleverser la vie des
passagers d’un vol Paris-New York; arrivés à destination, ils sont tous persuadés de vivre trois mois plus tôt. Voici le point de départ
de L’Anomalie d’Hervé Le Tellier (Gallimard,
Goncourt. Louvrage constitue ce que l’on
pluriel -ou bien une série, en un, de romans
e ronanesque propre. Inspire de
par une nuit d’ hiver un voyageur d’Ttalo Calvino (1979) sorte de compilation des débuts de dix romans différents-, celui ierve Le lellier, son huitieème, rend aussi Ommage au groupe d’écriture expérimentale auquel appartenait Calvino et dont lui-même
est le président actuel.
Le tameux Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle), fondé en 1960 par le mathéma- ticien François Le Lionnais et l’écrivain et poète Raymond Queneau, définit souvent ses membres comme «des rats qui construisent uD-memes le labyrnthe dont ils se proposent de sortir. Ces labynthes sont les systèmes et hepes de composition que les oulipiens érigent
XX* siècles. Je me souviens de mon étonnement, de retour en France,
Ces dernières senmaines, je me suis retrouvé consecutivement modérateur d’une table ronde sur de constater que ces approches, les femmes dans l’abstraction et qui donnaient lieu à d’importantes
membre d un jury attribuant une publications et expositions de l’autre bourse destinée à favoriser l’étude coté de l’Atlantique, y étaient lar- des artistes afro-américains. On gement ignorées, comme le furent diantes et des étudiants, ou d’un ne peut que se rëjouir du fait que, plus tard les approches postcolo- après des années de négligence niales. Il y avait heureusement un damateurs.
-0u, plutöt, de marginalisation, car certain nombre d exceptions, que je de nombreux historiens et histo- ne citerai pas de peur d’en oublier, riennes dart traitent en France de mais, jinsiste, elles restaient à la ces sujets depuis des décennies, par marge et, pendant longtemps, trop fois de façon pionnière-, l’histoire de l’art dans notre pays se saisisse d’histoire de l’art en France sans en de thématiques et de méthodes dont entendre parler. la fécondité et la nécessité ont fait leur preuve ailleurs, souvent avec
longtemps, on put faire des études
Deux premières vagues de publi- cations reflétant ces approches
es années 1970, puis au tou
nant des années 1990) s étaient en effet rapidement taries, si bien que, par exemple, il n’existe pas, malgré leur importance, d’édition récente en français des principaux écrits de Linda Nochlin (Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes? a été réédité en traduction, chez nistes, queer (à l’époque, on disait Thames & Hudson, il y a quelques «gay and lesbian ») et racisées (on semaines seulement). La situation disait «afro-american» ou «asian- est enfin en train de changer, gråce
à une nouvelle génération d’ensei-
THR ART NIIWSPAPRK fDrmON RANÇAIBE
POUR UNE HISTOIRE DE L’ART INCLUSIVE
afin de générer leurs explorations et trou- vailles, toutes fondées sur le paradoxe d’une
création libérée par la contrainte.
BEAUx PRÉSENTS ET BELLES ABSENTES
Rassemblées en une liste exhaustive et détail- 2020), récompensé l’année dernière du prix lée, ces contraintes reposent sur de multiples figures de style, formes poétiques ou conven- pourrait appeler un roman de genres, au tions linguistiques anciennes et nouvelles. Par exemple, partant que « les onze lettres les plus
de genre, chacun des personnages relevant fréquentes dans un terte en langue française
un peu étendu sont celles qui figurent dans le mot ulcérations »», 1Oulipo invente une catégorie particulière de l’hétérogramme, le «poème en uleérations, qui se compose de vers de onze lettres qui sont tous des ana-
grammes du mot». Ou alors, dans la tradition du lipouramme. soit un texte qui bannit Iusage
dune lettre, La Disparition de Georges Perec
(Gallimard, 1969) est entièrement dépourvue pour l’ensemble de son aeuvre de la lettre «e».
lieu à dinfinies variations dont le « beau pré- TOulipo ont continué de sent» («un poème composé en l’honneur d’une mois, comme à l’accoutumée, mais le plu personne dun sere ou un autre, chérie ou detes tée. Chaque vers est écrit en n’utilisant que les lettres du nom du (ou de la) destinataire, »)
a alphabets restreints peut donner
gnantes et denseignants, de conser-
vatrices et de conservateurs de musée, et de commissaires d’expo- sition, qui occupent désormais des Dostes importants-et grace aussi,
ublic renouvelé d’amatrices et
Chroniques
Les approches féministes, queer et racisées prennent enfin de l’ampleur en France. La promesse d’expériences artistiques enrichissantes.
Pollock posait une question fonda-
le point d’être dépassé. Cest l’en-
mentale: pourquol, alors que des études universitaires et des exposi-
semble de P’histoire de Fart, savante
et grand publie, qui doit désormais integrer ces objets, ces sujets et ces méthodes, On se rendra alors ndre
tions l’ont, depuis une cinquantaine
dannees, biattu en Dreche, un canon
vaut la peine de
et hétérocratiquen Continue à btre la norme? Dune certaine tagon, sans
plus gobale parce que c’est aussi la rendre plus riche, augmenter nos possibilités d’epérience, y compris artistique (ou peut-être, en ce qui me concerne, oserais-je dire, avant
chercher à apporter ici une réponse argumentée à cette question, il me semble possible de suggérer que cest parce que le système sest défendu
Pourquoi, alors que des études universitaires et des expositions l’ont battu en brèche, un canon «mono-genré, racialement excluant et hétérocratique» continue
tout artistique).
en laissant ces approches à des spé-
Si des préjugés, d’autant plus
cialistes, qui ont trop peu souvent utilisé leurs méthodes au sein d’une fortement ancrés qu’ils sont non histoire de l’art plus large, qui, forcés conscients, ont, jusquà présent, et forcées par le systeme, ont isole retreci nos horizons, il ne fau- les objets et les sujets qu’elles et ils drait pas que cette histoire de l’art
à bon droit militante devienne à
mettaient au jour. Il ny avait pas
à être la norme?
LITTÉRATURE SOUS CONTRAINTES
Grâce LAnomalie à d’Hervé Le Tellier, prix Goncourt 2020, les jeux d’écriture et de combinaison de l’Oulipo ont fait l’actualité littéraire.
et la «belle absente» («un poènme compose
en l’honneur d’une personne d’un sere ou e lautre. Le poème comporte autant de veTs que
les lettres du nom de la (ou du) destinataire.
Lon s’interdit d’utiliser dans le premier vers la première lettre du nom, dans le deurième vers la deurième lettre, et ainst de sutte 10 autres lettres de l’alphał être prásentes dans chague ve t belles en passant que «les beaur prese ier
doivent au contraire
not
absentes sont recommandes pour t
saires, les remises de décorations, les tettrsP dinsultes et autres occasions festites
LASAISONOULE Ces derniers temps, Ces Occa doute été moins nombreusespix o mis à part (un second d’ailleurs, celui de la poésie, vient d’être remis à Jacques Roubaud
ons ont sans
distance, au même titre que les membres de reunir chaque
se
souvent en ligne plutöt qu’en personne, à la
Bibliothèque nationale de France, lieu d’ac- cueil depuis 2003 des Jeudis de l’Oulipo.
Les expériences que jai mention-
son tour exclusive. Comme la sug- géré Griselda Pollock, plutot que dajouter au canon des notes de bas
d’autre solution, en quelque sorte, et ce fut un moment nécessaire.
sORTIRDE L’INVISIBILITĖ Dans sa conférence inaugurale du colloque Elles « font l’abstraction, nées au début de cette chronique en une autre histoire de l’abstraction montrent encore la nécessitė, car il au xx siècle», organisé à Paris par reste beaucoup à faire, en termes le Centre Pompidou, l’association de recherche et d’exposition, pour AWARE’ et le Legs (Laboratoiresortir de l’invisibilité: il faut encou- d’études de genre et de sexualité, Paris 8 Vincennes Saint-Denis et
de page, ou de proposer un canon alternatit, Ilobjectif serait de parve- nir collectivement, spécialistes et non-spécialistes de ces approches, à «diffërencier ce canon> de l’intérieur. ERIC DE CHASSEY
rager les initiatives qui rendent ce
travail possible et en accroissent l’ampleur. Mais ce moment est sans
Paris Nanterre), qui s’est tenu en ligne du 19 au 21 mai 2021, Griselda doute-je l’espère en tout cas-sur
1 Lire nos articles sur ces sujets pages 20-21
Inspiré de Si par une nuit d’hiver un voyageur d’Italo Calvino, le roman d’Hervé Le Tellier rend hommage au groupe d’écriture expérimentale auquel appartenait l’écrivain italien et dont lui-même est le président actuel.
rotocoles es oulipiens séances se de o lecture eDermarché» publiques, les
de
matique annuelle. Apres «Le en 2019-2020, « Les planetes» furent choi- sies en 2020-2021 (pour le prochain et der-
nier rendez-vOus de la saison, les membres se Saisissent des « planetes naines»). Qui sait ce à
ersaire de la publicat
quol setra 2022r ias
Vlles intisibles dltalo beaux
cera sans doute l’occasiot
présents et de belles absentes ineu
ATRICE GROSS
oulipo.net bnf.fr/fr/agenda/les Jeudis-de- ouupo

THE ART NEWSPAPER ÉDInON PRANÇAISE
Marché
EN JUIN, PARIS FETE (ENFIN!) LE DESSIN
Après une année 2020 chaotique, les événements liés aux belles feuilles ont meilleure mine en 2021. Cest le retour des salons, dans un format resserré.
Mare Chagall, Le Cheval aili,
ves 1939-1943, gouacbe sar papier
e Hdene Baily CGallery
Expositions de concert pour trois galeries du Faubourg-Saint-Hlonore
s au3juilet 2021, trois enseignes font front commun en presentant chacune une exposition d’evergure. La galene Ene Coatalem devoue cnmquante aeruvres -peintures, dessins, assiefties. d’Hubert Robert. La giene Perrin dresse un panorama de la sculpture de 1600 à 1900, avec un accent sur le symbolisSTme Enfin, la galerie G. Sarti invite les amateurs à ecouter sur un audioguide des musiques d epoque associeeSa vingt-cinq tableaux du xiv au xvir’ siedle. coatalem.com:plerieperrin.com sarti-gallery.com
Pomm
Du 9 au 13 juin 2021, sounte louze galeries participent à la
Choisissez votre rive
P édition du Came Rive Giauche Chacune dévoile un artiste, une
dou
la Grange-Batelière, de Provence Chacune des douze galeries partic? pantes a choisi un thème; ainsi AB euvre ou un objet sclectionne s’intéresse aux années 1933-1935
sement de Paris, les rues Drouot, de
le tout premier Salon du dessin de avec Stephen Ongpin Fine Art, neaux horaires, Le lauréat du prix van Seggelen Fine Arts. « Du cóté
Verdeau et Joutfroy,
à se préinscrire sur lnternet par cré-
ohiet
collection. Lévénement soufflera ou encore les Pays-Bas avec Onno Drawing Now sera annoncé lors de et les passages ainsi sa 30″ bougie du 1″ au 4juil- let 2021-en lieu et place de I habi- des collectionneurs, ai la situation sont en lice: Delphine Gigoux- tuel mois de mans -dans son écrin le permet, Jeapère que les étran- du Palais de la Bourne, Avis aux ama- ere viendront. Mais il ne faut pas Odonchimeg Davadoorj (galerie avec des duve teurs, «nos archands, toul comne les collectionneurs, sont très moti- teurs en France et en Europe, soit rie C), Nicolas Daubanne (gal
Our son caractere extraordinaire h travers une myriaue de spécialités. Le 10juin 2021,
Artur Ramon Art, le Royaume-Uni
d
ouverture du Salon. Cinq artistes Martin galerie Caire Gastaud),
. yO
En 1991, I’hötel George-V accueillait
place au Nocturne Rve Drte marchande pansienie une quarantane de
aeuvres de John Ferren,
de Marguerite Burnat-trov d1s que la galerie Chauvy présente des euvres de la star sénégalaise
isme a travers des dessins inédits
Backslash), Mathieu Dufois (gale- Laura
ositions
Maubert) et Julien Tiberi (galerie Semiose).
COur thématiques
dey
ubl
lier qullya de nombreur ama-
la majorité des acheteurs du Salon. Et pour ceur qui ne pourraient se
monde
Soly Cissé. Cette crit dans le calendrier des ve
promet Louls de Bayser, pré- sident du Salon. Mene son de cloche avee Emmanuel Jaeger, directeur de la galerie Jeanne Bucher-Jaeger
DDessin, créé en 2013, organise sa 9édition du 11 au 13 juin 2021. 11
OW, le Salon
e veut un tremplin pour les jeunes dessins organisees aino artistes sortant des écoles dart. Ce à l’instar de celles orchestrees cabinet de dessins contemporains a 9 juin par l’étude Millon, avec des carrerivesa heu dans un nouvel espace adapté feuilles datées de 150O0 atD estures sanitaires, derrière la le 11 juin par Ietue Bourse douzaine de galeries françaises une pièce inedite u e recemment créées et sa « pépinière François Lagrenée (le nby d’artistes , une initiative lancée
de lart
plateformne en ligne montrant pris de cng centa Jeuillea , poursuit Louis
déplacer, nous mettonu en place une
uclhe.co
C rt-rivedroile.com
dont c’est la première participa- tion-, pour qui «les amouretur de belles feuilles anciennes et modernes pourront retrouter la Jerveur du Salon physique . 1 dévoilera des ceuvres d’artistes ayant eu un lien avec la galerie, tels que Jean Dubutlet, Eugène Dodeigne, Alberto retrouver la ferveur Giacometti, Henri Laurens, Lucio du Salon physique Fontana, Pablo Picasso, Maria Helena Viera da Silva ou Auguste Rodin
bre
le Bayser.
les arts premien Du 17 au 22 juin 2021, Pans 1 fete SOn 6 anniversaine À Saint-Gerial quartier de prédilection des collectionneurs do quelque vingt-cing marchands dont Entwistle, Flak, Charles Wesley Hourdé, Meyer, Monbris Katton ou Jean-Baptiste Bacqu ouvrent leurs portes de concer pour présenter chacun un objet phare représentatif de sa spécialisation et de esthétiques et culturels Des expositions thématiques sonit a uf d’objets à prix sages, partos inférieurs à 3000 euros paristribal.com
Paris Tribal cel
ria hibal
Les amoureux de belles feuilles anciennes et modernes pourront
à l’encan des dessins anciens, dont
eFaris. Il accueille une
7-des-Pr
entre 40000 et 60 000 euros. ARTHUR FRYDMAN
S tribaus
uobjets
Dans le domaine du dessin en 2018 ayant pour but de présen- contemporain, Drawing Now ter le travail de très jeunes artistes.
Salon du dessin,
1Ajuillet 2021, Palais Brony
une scène du dessin avant-gardiste et novatrice, à l’instar de
Une façon de mettre en lumière
Paris,
se, 75002 1
Vendel, Almendra Acosta, Josué Comoe et Louis verret, selectionnés
londudessin.com
mie. Sa 14″ édition, déplacée, se
endel, Alme et, sélection 10-13 juin int-Antoine
LART DE SADAPTER Des exposants, ily en aura moins cette année, en raison du contexte sanitaire trente-neufd lhabit
Drawing Now Alternative,
lieu du Carreau du Temple, cette « Drawing Now Alternative » S ins-
tient du 10 au 13 juin 2021. Au
dhoi
pour ce cru 2021
com
75012 Paris, drawingnowartfaira DDessin, 11-13 juin 2021
rons près de
Enfin, Dessin au Quartier Art du Faubourg-Saint-Antoine,
talle dans un ancien magasin de la
amateurs de belles feuilles, revient DDessin, 11-13 juin 2021, pour sa part du 2 au 16 juin 2021. 40, rue de Richelieu, 75002 Paris,
rue du Faubourg-Sant Une Drouot, autre renderevient
ntaine de galeries-contre oixante-dix les annees
dans le 12″ arrondissement. Une Drouot, autre rendez-vous des
runme, avec une sélectio
les
conterte, le Salon reste interna- tional puisque nous decueiitois plus de
ein au Quartier Art Drouot, 2-16 juin 2021, 14, rue de la
a avec e Sulon au dessin et DDessin. Comme chaque
a
dont Anne de Villepo, Ane Sarah Bénichou, Jean Fournier,
Grange-Batelière, 70009 Paris,
t seront
guartier-art-drouot.com
année, il prend la forme d’un par-
marchanda t
ou Huberty
notamineat présents les Etats-Unis avec Rosenberg &Co, la Belgique avec Lanez Gallery, IEspagne avec
les
relant, dans le g’ arrondis-
&Breyne. Les visiteurs sont invitesCou

Juin 2021, numéro 31
THE ART NEWSPAPER ÉDITION FRANÇAISE
31
Marché
LE PARIS GALLERY
WEEKEND VOIT DOUBLE
Lévénement réunit cette année 127 participants, un record, et offre un ensemble d’une extrême variétéé des talents émergents aux figures historiques.
Pour son édition 2021, le Paris Gallery Weekend recueilli a cent vingt-sept inscriptions contre une soixantaine l’an dernier. « Pour la première fois, le Paris Gallery
renforce l’aura de Paris. «Les gale- ries sont au taquet pour reprendre une activité « normale, et ces petites entreprises sont comme des indi- Weekend est ouvert tous les vidualités : nous avons tous envie membres du Comité professionnelde retrouver nos occupations quo- des galerics dart [CPGA), sans tidiennes et en rapport direct avec aucune sélection esthétique ou autre, n0s coreligionnaires, amateurs dart, ce qui redouble symboliquement le professionnels, collectionneurs.., sentiment d ouverture », explique observe Florence Bonnefous. Et de
la galeriste Florence Bonnefous,
d’Air de Paris, membre du Board, lequipede direetion de levenement,
Internationale.
UNE MANIFESTATION LOCALE Afors que Paris redevient une fete avec le déconfinement, « la volonte est d’aider les galeries pour ne soit pas une année blanche », abonde Géraldine Doger de Spéville, secrétaire générale du CPGA. Et d’ajouter: «ll sagit d’une éidition de transition accompagnant la reprise de cet événement par le comité. » Fondé en 2013 par Marion Papillon, qui a dirigé les sept premières édi- tions, le Paris Gallery Weekend a en effet été repris de façon
internationaux dont la présence
belges.»
que ce
défini-
oL Le Sulom du dessin erceptés [lire C-Ontre), il faut soutenir les gale-
ae Speville. D’où l’idée d’ouvrir les rangs à l’ensemble des galeries du CPGA, avec une participation réduite à 800 euros.
22,48 m?, Marcelle Alix, Sultana, High Art ou Édouard Montassut,
Perrotin; Sean Scully et Yan Pei- Ming chez Thaddaeus Ropac; Julie de jeunes galeries comme Chloé Mehretu chez White Cube; Francis Salgado et des galeries itinérantes Alys chez David Zwirner (voir notre comme Kaleidoscope ou Ketabi entretien avec l’artiste dans ce numéro, p. 16); Louise Bourgeois chez Karsten Greve; le «peintre des arbres» Alexandre Hollan à la galerie Guillaume; Marcelle Cahn chez Jocelyn Wolff; ou le Libanais
Projects.
Si le Paris Gallery Weekend sétoffe, c’est aussi gråce à la parti- cipation de professionnels instal- lés dans la capitale depuis 2019 Double V Galery et Claire Gastaud, qui ont tout récemment ouvert en
Des classiques et des modernes, duo rue Chapon, dans le Marais, des modernes devenus clas- mais également 313 Art Project, siques, il en est aussi question
Andréhn-Schiptjenko, Galleria Continua, Lévy Gorvy, Mayoral, la galerie Orbis pictus, la galerie Wagner, White Cube ou David Zwirner. Souvent des poids lourds
«Les galeries sont au taquet pour reprendre une activité « normale » nous avons tous envie de retrouver nos occupations quotidiennes et en rapport direct avec nos coreligionnaires.» 955OLO SHOWS
43 EXPOSITIONS DE GROUPE
tive par le CPGA, qu’elle préside. Les visiteurs ont, quoi quil en En labsence de foires ce prin- soit, l’embarras du choix, avec au temps, Drawing Now Alternative menu trente-huit vernissages, quatre-vingt-quinze solo shows, dont trente-huit d’artistes femmes, Tes, poursuit Géraldine Doger et quarante-trois expositions de groupe! Parmi les accrochages monographiques, ils peuvent découvrir: Kiki Smith et Robert Rauschenberg chez Lelong & Co. La manifestation accueille ainsi Wolfgang Tillmans chez Chantal des enseigmes de Belleville telles que Crousel; Alain Jacquet chez
Ali Cherri chez Imane Farès.
Vue de l’exposition «Sean Scully.
Entre ciel et terre», Thaddaeus Ropac,
Paris Marais, 2021. Coartey Thaddaeus Ropae
avec Sonia Delaunay (Zlotowski), Jean Dubuffet (Baudoin Lebon), Jean Fautrier (Applicat-Prazan),
František Kupka (Le Minotaure), Alfred Manessier (Laurentin) ou Zao Wou-Ki (Mayoral).
poursuivre: «lepense que pour cette Pinel), Baptiste Rabichon &
Enfin, les amateurs en quête tation plutót locale, ce qui n’est pas Azeroual (Binome), Aurélie Pétrel ou déjà établis, peuvent buti- même contacté des collectionneurs Olivia Lavergne (Insula), Robert les années 1980 et 1990. Air de
édition, nous aurons une fréquen-
Fabrice Laroche, Mustapha de jeunes artistes, émergents une exposition réunit, aux côtés de
coordonné cette année par Silvia surprenant dans le conterte actuel, Ammon, codirectrice du Salon Paris sachant que nous avons tout de
ARTISTES EMERGENTS ET CONFIRMES Certaines galeries se font par ailleurs Fécho de la Saison Africa2020, dont
l’acerochage de groupe e Traversée
africaine» chez Anne de Villepoix, « Kongo. Arts anciens d’Afrique
centrale» chez Bernard Dulon, Romain Kronenberg, Photo d’Amos,
Safâa Erruas chez Dominique Fiat, Adjaratou Ouedraogo chez Françoise Livinec, Fabrice Monteiro chez MAGNIN-A, Myriam Mihindou chez Maïa Muller, Lyndi
chez Nathalie Obadia, ainsi que Marius Dansou et Julien Vignikin chez Georges-Philippe et Nathalie
Vallois.
duction d’Idir Davaine; Marcelle Alix, celle d’Ernesto Sartori; Marie Vitoux, celle de Clarisse Griffon du Bellay ; Eric Mouchet expose
Pierre Gaignard et Roy Köhnke. Dorian Gaudin et Margaux Valengin sont à retrouver chez PACT; David
Raffini chez Papillon; Vaultman à Paris, Pantin et Romainville, chez Pi Art House (Pijama Galerie); parisgalleryweekend.com
2021, série photographique. Courtey de T’artiste et galerie Sator
Des focus sur des photo- Sales chez Maria Lund, Nú Barreto Eloise Van der Heyden chez graphes sont en outre propo- sés, tels ceux de Martín Soto Climent (Andréhn-Schiptjenko), Niccolò Montesi (Bendana-
Catherine Putman; Edgar Sarin chez Michel Rein; Lulù Nuti chez Chloe Salgado; Anthony Cudahy chez Semiose; ou Matthias Garcia chez Sultana. Chez 313 Art Project,
Xavier Veilhan, Giovanni Ozzola,
(Ceysson & Bénétière), FLORE ner parmi quelque trente exp0- Je Yeoran, Gigisue, Jia Lee et (Clémentine de la Féronnière), sitions de créateurs nés dansJungpyo Hong.
Faute de pouvoir organiser les parcours de visites habituels, le
Huot (MAGNIN-A), agnès b. Paris montre le travail de Gaëlle (Arnaud Lefebvre), Philippe Choisne, prix AWARE 2021. ALB Paris Gallery Weekend a invité des Chancel, Gary Green (Miranda), expoOse Matthieu Martin et Fabio personnalités du monde de l’art Nicolas Comment, Steve McCurry Deronzier. Anne-Sarah Bénichou à livrer leurs coups de cæur sur (Polka), Letizia Le Fur (Laure présente des aeuvres de Massinissa le site Internet ou sur les réseaux Roynette), Romain Kronenberg Selmani; Backslash, celles de sociaux, un par quartier: les cri- (Sator), Aurore Bagarry (Sit Down) Rero; Ceysson& Bénétière, celles tiques d’art Ingrid Luquet-Gad et ou encore Thomas Paquet (Thierry de Cally Spooner. Chez Crèvecaeur, Marie Maertens, les collectionneurs Bigaignon). Parmi les expositions l’on peut découvrir ou redécouvrir Dorith et Serge Galuz, le conserva- thématiques, il faut noter celle de la Sol Calero, tandis que gb agency teur de la collection Syz en Suisse galerie Natalie Seroussi, consacrée met en avant Paul Heintz, prix Nicolas Trembley, le commissaire aux découpages de Jean Arp, John Révélation Emerige 2019. Jousse d’exposition Matthieu Lelièvre, le Baldessari, Bernard Heidsieck, Entreprise montre Nathanaëlle directeur du musée d’Art moderne Bodys Isek Kingelez et Gordon Herbelin; Ketabi Projects, la pro- de Paris Fabrice Hergott, et la desi- Matta-Clark.
gner matali crasset. Une autre façon de se laisser guider. ALEXANDRE CROCHET
Paris Gallery Weekend, 3-6juin 2021, 127 galeries

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